UDNESSUNUS
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jours arrivaient de nouveaux participants, accourant de partout, y compris de ce levant berceau de l'ancien roi des rois et de
l'usurpateur. L'ostention du réceptacle du Joyau par son prêtre, à qui il venait d'envoyer son fils et plusieurs serviteurs, y avait été, malgré ses doutes, un succès... qui ne
l'enchantait guère. Si ce n'avait tenu qu'à lui, il serait parti sans les attendre. Passé le délai de découragement et de discrétion entraîné par la perte de leurs espoirs, ils
devaient avoir une dent contre lui. Il n'avait rien de bon à en attendre. Dommage qu'on ne puisse refuser à un volontaire de participer à un Printemps Sacré ! Il n'y aurait
pas manqué.
Il bruinait. Cette pluie incessante détrempait le sol. Qu’ils étaient verts, ces prés, le jour de son arrivée avec le Joyau ! Ils étaient devenus ce marécage. Il passait, faisant des saluts distraits aux neres qui le reconnaissaient. Il admirait leurs armes. La plupart avaient été ouvrées par Pewortor et ceux qui, sans trêve ni repos, travaillaient sous ses ordres. Son forgeron s’était imposé à ses anciens pairs, il avait su comment, et certains ne le digéraient pas. Lui aussi avait ses guerriers du levant, prêts, à l'occasion, à le poignarder dans le dos. Pourvu que ce ne soit qu'une image ! Il les observa longtemps, puis se dirigea vers le campement des troisième caste. Il n'y avait jusqu'à présent guère prêté attention, mais voulait faire leur connaissance. Ils étaient aussi ambitieux et avides de richesses et de gloire que les guerriers, et désireux comme eux de s'illustrer. Peut-être auraient-ils la chance d'accomplir plus d'exploits, à leur place, que les guerriers qui, à en croire les rapports de ceux qui connaissaient ces lieux presque inexplorés, ne trouveraient guère d'adversaires. On leur avait promis des terres à foison, dont ils seraient les maîtres, et du bétail dont ils pourraient garder une partie des produits. On leur avait même fait miroiter, s'ils osaient s'engager plus loin que tous les autres et être les premiers à prendre possession de leurs fiefs, la reconnaissance d'un statut inespéré de seconde caste. Ce serait bien là leur seule occasion. Ceux qui tenteraient de hausser leur statut, s'ils y accédaient, en seraient dignes. Il arriva près d'un petit groupe. On le salua, comme guerrier, sans le reconnaître. Il s'installa près d'eux, les écouta. Ils discutaient de leur avenir. Tous parlaient de la perspective de se hausser au niveau des neres, si le sort les favorisait. Ils se voyaient s'installer et établir un campement permanent, si les dieux... Les dieux et le sort, toujours le sort... Nul ne parlait de l'audace, seule voie sûre vers ce bonheur qu'ils évoquaient. Il continua. Les propos ne variaient pas. Ces producteurs n'atteindraient jamais leurs ambitions. N'était pas Pewortor qui veut, avec une âme de ner. Mais si un ou des hommes de sa trempe existaient dans cette foule, il les trouverait, à leurs paroles ou à leur attitude. Il se mêla aux conversations. Chacun escomptait que les guerriers, devant les vastes perspectives du couchant, se |
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