ALLIANCES
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céleste. Un
souffle divin, celui d’une tendre brise à la caresse d’amante, était sur eux. Cette terre était bien celle désignée par les dieux. Seuls ceux qui dormaient ou se claquemuraient
derrière les épaisses parois de cuir de leurs chariots douteraient encore... Nul ne les écouterait plus. Qui a senti l’haleine des dieux, et leur murmure, devient insensible aux
récriminations des malveillants... Ils ne peuvent compter que sur l’improbable oubli de ces instants privilégiés.
Kleworegs s’était mêlé à eux. Il les écoutait, passant de groupe en groupe, vêtu d’une vieille peau de loup, cachant son éclatante blondeur sous une toque noire. Incognito, il interrogeait, échangeait ses impressions, ses sentiments, faisait le compte de ses fidèles. Tous se félicitaient de sa clairvoyance, de son audace, bénissaient Bhagos d’avoir inspiré aux prêtres le choix d’un tel but et d’un tel chef. Il se rengorgeait à chaque discussion, s’empourprait de plaisir à mesure des éloges. Ses interlocuteurs pouvaient aussi parler de la sagacité des prêtres. Il ne retenait que la pluie de fleur de leurs louanges. « Je suis béni des dieux. Malheur à qui voudrait se mettre en travers de mon destin ! ». Il s’enflait de ses visions d’un avenir radieux. Son corps l'emprisonnait, trop étroit pour contenir ses ambitions surhumaines. Sa peau le gênait comme un vêtement trop ajusté. La sève coulant dans ses veines n'était pas du sang, un feu liquide à la puissante radiance. « Mon corps doit resplendir de toute cette force qui est en moi... Il en resplendit, par les dieux ! » ... Ce n’était que la lueur d’un feu rougissant ses mains. Il en ressentit une vague amertume... Non, c’était aussi la lueur de ces flammes, aussi, pas elle seule ! Les puissances qui tissent le fil de notre destinée ont fait ainsi briller mon corps un seul instant, et en donnant à ce prodige un aspect naturel, pour tout à la fois me montrer leur soutien et me signifier de ne pas céder à l’excès... A moins qu’elles n’aient pas voulu que la révélation en soit publique. Tous me suivraient si les dieux me distinguaient par un signe aveuglant... Seuls ceux dignes d’être mes compagnons le verront, les tièdes, les lâches, les envieux, en seront exclus. Je connaîtrai mes vrais fidèles à ce qu’ils m’appelleront Kleworegs kounos, et en vérité je resplendirai à leurs yeux quand le regard des autres ne rencontrera qu’un être semblable à eux. Il continua à parcourir le camp. La lune l’éclaira, ses mains s’argentèrent sous sa clarté. Les dieux se manifestaient encore. La Brillante, divinité pourtant hostile aux hommes, le nimbait de sa lumière. C'était un nouveau signe. Il serait aussi aux yeux de ses compagnons Kleworegs argus, au corps brillant comme l’argent, dur comme lui. Cette consécration ne lui apportait rien de plus. Il ne pouvait s’en satisfaire. La Brillante voulait lui faire comprendre autre chose. S’il allait chercher un prêtre ? Lui saurait ce que la lune cherchait à lui dire. Il chassa cette idée. La royauté était sacrée. Un roi pieux pouvait interpréter les |
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