UDNESSUNUS, 2
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Pewortor était en sueur, une cruche d’hydromel à la main. Le jeune paysan s’était tenu à ses côtés, avec tous les siens, le jour où Kleworegs avait disparu. Il lui sourit, lui
souhaita la bienvenue, examina l’âne, puis lui demanda, en lui tendant sa cruche déjà presque vide, ce qui l’amenait.
Udnessunus la lui prit des mains, but le peu qui en restait, lui expliqua ce qu’il en attendait. Le sourire de Pewortor s’élargit encore... Ça le sortait de ces réparations de roues ou de bâtis de chars et de remise en état des armes, dont il ferait son ordinaire encore au moins une lune, avant qu’on ne se remette en marche. Il le pria de lui montrer un de ses coutres. Le jeune paysan l'avait prévu. Il lui en avait tendu un à examiner. Pewortor le prit, le soupesa, fit résonner son épée contre lui. Il grommela un moment avant de le lui rendre. - Le métal n’est pas fameux fameux, mais il fera l’affaire... Parlons peu, parlons bien. Tu veux en savoir plus. Je veux bien te dire le secret que tu attends, mais que me proposes-tu en échange ? - Mon seul bien, ce sont ces coutres, et je veux tous les garder. Pour le reste, j’ai ces chevaux-serviteurs, mais je te manquerais de respect à te les proposer. - Alors qu’en ne me proposant rien du tout, tu m’honores ! Tu es rusé... Notre roi a de l’amitié pour toi, et ton idée est bonne pour tout Aryana. Je veux bien faire ce que tu me demandes pour rien, à condition que tu me fasses le serment de garder le secret, et d’offrir l’hospitalité à tous les forgerons qui viendront vers toi, en leur disant que c’est moi qui te l’ai ordonné. - Volontiers, même si j’imagine qu’ils sont capables de tout me dévorer, s’ils te ressemblent. - Je ne peux pas te demander moins. Je te livre un secret qui ne se donne que de forgeron à forgeron. Tu dois donc te conduire comme eux, respecter leur code et leurs lois. Cela ne te sera pas trop difficile. Tu en as la fierté, et l’ambition. Udnessunus avait hoché la tête à plusieurs reprises. Pewortor était le premier forgeron avec qui il échangeait quelques mots. Il voyait tous les autres à son image. Pourtant, il avait toujours entendu dire qu'ils étaient des producteurs, comme lui. Il briderait sa curiosité. Pewortor lui faisait un cadeau sans prix. Il n'irait pas le mécontenter par une question indiscrète. - Je suis prêt à te prêter serment, et à t’écouter. - À la bonne heure ! Viens ! Pewortor lui fit prêter serment, puis l'entraîna près d’un grand feu. Il y avait à côté du foyer une grande pierre carrée, au sommet bien plat... L’autel de la divinité qui permet à ses fidèles de donner forme au métal ? Le saurait-il ? Il n’avait jamais, comme Pewortor, imploré Egnis et Pewor, jamais rendu le |
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