JOURS TRANQUILLES
Et les lunes filèrent. Kleworegs, de sa citadelle, perdait son monde de vue. Il en recevait de temps à autres des nouvelles, déformées, arrangées... Tout allait bien, tout
allait très bien.
Seul Udnessunus lui envoyait, avec une régularité et une ponctualité confondantes, nouvelles et tribut. Il était venu une fois en personne, gros, gras, couvert de
fourrures... un mange-miel prêt à hiberner.
Il arrivait avec mille dons et un unique désir, qu'ils appuyaient : être reconnu roi. Il n'étalait pas sa richesse, mais en suait de partout. Qu'il s'en contente ! Il l'avait
renvoyé, comblé de biens. Il ne lui devrait rien.
Il s'était rendu deux fois à Kerdarya. C'était pour des affaires de hauts rois. Il avait chaque fois manqué Pewortor de peu, et son ancien prêtre n'avait pas souhaité le
rencontrer. Il avait su son malheur. Il n'avait pas insisté.
Il s'en était retourné. Il avait un fief à gérer, même si ses proches s'en chargeaient en son absence. Ce n'était que routine. Les récoltes abondaient, les tributs rentraient.
Lui et Belonsis avaient fini par soumettre, comme Udnessunus, quelques clans étrangers vivant en lisière des bois. Le troisième caste avait établi pour eux des lois très
douces, mais se montrait impitoyable à qui osait les transgresser. Il avait préféré leur mettre un carcan rigide, mais trouvait toujours une bonne raison pour adoucir le sort
des contrevenants. Son gendre faisait comme lui, quand il était seul, mais était aussi inflexible qu'Udnessunus en présence de sa femme ou de ses compagnons.
Pendre quelque voleur d'arme ou de cheval, bannir une adultère, ne venait guère troubler son train-train. Avec le temps, il avait adopté le point de vue de ses placides
sujets... Demain était le même jour.
|
SI VOUS ÊTES ARRIVÉ ICI,
VOUS NE POUVEZ PLUS VOUS
PASSER DE AUBE.
MERCI D'EN PARLER
MERCI DE NOUS CONTACTER |