Cher Monsieur,

 

Il m'a été donné le privilège de lire plusieurs pages de votre admirable ouvrage intitulé Aube. Ce fut pour moi un véritable éblouissement. Je me trouvais soudainement jeté au milieu d'une dense forêt regorgeant de surprises et d'émerveillements. Outre le grand intérêt que présente le sujet de votre livre, le premier dans l'histoire de la littérature française à traiter des origines de l'Europe et des peuples qui ont modelé sa face, votre langue est une fascinante suite de trouvailles si originales, si pures, si inattendues qu'elle me rappelle une boîte miraculeuse de laquelle vous, le prestidigitateur de génie, vous sortez, sans accorder aux spectateurs la possibilité de reprendre leur souffle, des pierres précieuses l'une plus belle et plus scintillante que les autres. 

 

Permettez-moi de vous offrir à mon tour ce petit rondeau que j'ai écrit en Mauritanie:

 

Merci, Printemps, pour ces lilas sonores,

Où dort, lucide, le peuple des abeilles,

Pour l'eau limpide et l'élégance des treilles,

Merci, Printemps, pour ces lilas sonores.

 

Princesse Aurore, guéris la joue humide,

Ridée par l'art et l'héraldique des pleurs,

La plaie ouverte, la trace aiguë, la peur,

Princesse Aurore, guéris la joue humide.

 

Azur ondé, blason des êtres purs,

Redonne aux pages ta belle aménité,

Ta grâce antique, ton nom d'éternité,

Azur ondé, blason des êtres purs.

 

Athanase Vantchev de Thracy

 

Poète,

Lauréat de l'Académie française

Grand Prix Stendhal du Ministère des Affaires étrangères